Amazonie : Macron se moque de nous

Voilà E. Macron de plus en plus écologiste, au point de se fâcher avec le président du Brésil et à ne pas signer le traité du Mercosur qu’il encensait en juin dernier. C’est sûr, le CETA est bien mieux même si Trudeau encourage l’extraction du gaz de schiste.

Alors, on annonce la création d’un fond « Amazonie » pour que les pays concernés achètent des bombardiers d’eau, des équipements pour leurs sapeurs‑pompiers, etc. En même temps les membres du G7 qui ne représentent qu’une infime partie de la population mondiale et moins de la moitié des ressources économiques sont prêts renier le droit à la souveraineté du Brésil en traitant directement avec les gouverneurs de province. La première ministre du Danemark l’a pourtant bien dit à Trump à propos du Groenland, l’époque où une minorité de pays pouvait acheter « terres nationales et les habitants » est révolue. Mais, Macron démocrate en chef rêve d’être à la tête d’un vaste empire.

Revenons, à la forêt en feu. Les propositions du G7, inspirées par l’incroyable intelligence de Jupiter 1er, sont une fois de plus un cataplasme sur une jambe de bois et en même temps une remarquable entreprise d’enfumage… Finalement Macron récupère la fumée amazonienne pour nous endormir comme si nous étions des insectes.

Une fois encore on ne traitera pas la cause des incendies. Bien entendu qu’il est hors de question de s’attaquer aux propriétaires terriens qui veulent augmenter leurs territoires pour produire encore plus de soja puisque les éleveurs des pays du G7 et notamment la France l’achètent en quantités démesurées mais à coût faible. En même temps les mêmes éleveurs se réjouissent de la volte-face de Macron sur le Mercosur, ils seront ainsi protégés d’un surplus d’importation de viande de bœufs brésiliens.

Donc le ministre brésilien de l’Éducation n’a pas totalement tord quand il écrit : « Macron n’est pas à la hauteur de ce débat [sur l’Amazonie]. C’est juste un crétin opportuniste qui cherche le soutien du lobby agricole français ». Le mot « crétin » n’est peut-être pas approprié car Macron est un stratège comme beaucoup de narcissiques autoritaires.

Et nous, pôvres français franchouillards, nous sommes ravis et prêts à croire en la révolution écologiste de Jupiter.

Hollande, Valls : les emplâtres et l’électoralisme.

Il avait fait de la baisse du chômage le credo de sa campagne puis, dit-il, l’action  principale de sa gouvernance. Hollande, il y a quelques jours, déclarait que s’il n’arrivait pas à faire baisser le chômage il n’aurait aucune raison de se présenter à l’élection en 2017.

Bien évidemment qu’il sera présent en 2017, et il est prêt à tout pour y arriver. Ainsi, après l’artifice des contrats d’avenir et des contrats de génération voilà qu’il invente l’apprentissage à tous âges. Certes il vaut mieux, pour eux d’abord, que les gens aient une activité que d’errer dans le vide du chômage mais les mesures ne sont pas un traitement durable du chômage. Le seul traitement c’est la création d’emplois donc la qualité de l’activité économique.

Et, Hollande trouvera bien autre chose à ajouter à ces mesures, le retour du service militaire par exemple, pour faire baisser le chômage ; c’est là sa seule ambition, la relance de l’emploi il l’ignore, les gens ne l’intéressent pas. De toute façon, mis à part lui, aucune Homme ne l’intéresse ; sa seule perspective c’est sa réélection en 2017. Il y va comme ce bon docteur Knock en prescrivant emplâtres et cataplasmes, mais sur des jambes de bois.

En ça son copain Valls vient à la rescousse. Après avoir annoncé un plan d’austérité (pardon, d’économie) drastique voilà que sous la pression de quelques députaillons du PS il recule. En renonçant à s’en prendre aux « petites retraites » (qui vont jusqu’à 1200€ par mois), en annonçant des mesures pour les bas salaires de la fonction publique et en indexant l’impôt sur l’inflation dispensant ainsi 200 000 ménages de payer l’impôt sur le revenu, Valls assure la réélection des gentils députés du PS, la sienne et celle du « fat de l’Elysée ».

Mieux encore, une partie des députés de droite, trop contents de piquer de l’argent aux fonctionnaires et de voir fondre les prestations sociales, voteront le plan d’austérité et conforteront ainsi la réélection de Hollande. La droite eût proposé un tel plan que la France entière aurait été dans la rue sous la conduite du PS. Le PS c’est l’enfumage, mais il arrivera un jour où la fumée dissipée, les abeilles se réveilleront alors transformées en frelons (peut être en frelon asiatique).

La France avait besoin d’un phare pour la guider, les citoyens ont élu un fat qui s’est entouré d’une myriade de courtisans infatués et méprisants ; mais peut-être bien que le roi est nu.

Hollande, Valls : ils tuent la France !

Hollande qui ne mérite même plus qu’on puisse l’interpeler par « Moi Président » tellement il  n’a aucun des attributs d’un Président : prestance, éloquence, projet pour le pays, respect des Hommes, intelligence sociale…, s’est acoquiné avec l’individu le plus autoritaire qui soit au sein du Parti Socialiste. La seule raison à cela c’est qu’étant sans aucun courage il lui faut quelqu’un pour « être président » à sa place, pour le dédouaner de ses échecs, plus simplement quelqu’un pour « être à sa place ». Valls porte parole de Hollande, Valls ersatz de Hollande, Valls qui se veut calife à la place du calife,  nous assène une politique incendiaire et mortifère pour la France.

Le plan d’économie annoncé par Valls, qu’Hollande baptise « plan de réforme », consiste à prendre tout l’argent possible aux classes moyennes pour, principalement, le distribuer aux entreprises dans le cadre du Pacte de Responsabilité et secondairement s’assurer le vote de l’électorat le moins aisé (ou le plus pauvre).

Mais, à quoi cela aboutira-t-il sinon  à faire perdre beaucoup de pouvoir d’achat aux classes moyennes donc à faire baisser la consommation et conséquemment affaiblir les recettes de l’Etat et mettre en péril les entreprises qu’on voulait sauver. Ce ne sont pas les quelques dizaines d’euros distribués aux smicards qui vont permettre la relance ; quand bien même ils seront réinvestis en consommation cet apport compensera-t-il ce que les classes moyennes n’apporteront plus ? On voit bien les résultats désastreux de la fiscalisation des emplois à domicile qui a entrainé une division par deux du nombre d’emploi, sans compter sur la résurgence du travail au noir. Hollande a-t-il fait la balance entre le montant des aides supprimées et la perte de recettes fiscales que généraient ces emplois ; a-t-il fait l’analyse du coût social qui impacte ceux qui désormais travaillent au noir ? Il apparaît que les mesures prises par Hollande ressemblent plus à un emplâtre sur une jambe de bois qu’à un vrai traitement du mal ; il se contente de faire baisser la fièvre sans mettre en œuvre les réformes (les vraies) structurelles nécessaires. Mais, il est vrai que le bonhomme Hollande est un incroyable optimiste nous dit-on et ainsi il surfe sur la crête des vagues des cycles économiques pensant que le creux a été pour Sarkosy et que lui verra le sommet. Donc, deux ans d’une absence totale de politique, mollesse et encore mollesse, lois de détournement de l’attention (on appelle ça de l’enfumage) comme celles du mariage pour tous ou de refondation de l’école. Quand la crise dans l’opinion s’intensifie, et quoi qu’il dise de sa sensibilité aux sondages d’opinion, Hollande désigne un bouc émissaire : Ayrault, et entame une deuxième partie de quinquennat dont il est absolument persuadé qu’elle connaitra l’embellie, fort de son savoir sur les cycles économiques décrits par Kondratiev à une époque (fin du 19ème siècle et début du 20ème) où ni les marchés ni le temps n’étaient ce qu’ils sont aujourd’hui.

Hollande n’a pas de politique au sens d’un projet pour la société. Hollande a un modèle économique (au demeurant peut-être dépassé) dans la tête et veut coûte que coûte, envers et contre tous, prouver qu’il a raison. Jamais l’obstination à ce point n’a sauvé un pays. Comme il est difficile de se maintenir seul dans une telle posture il lui fallait quelques compagnons obéissants et dévoués ; leur rôle, au sens du rôle dans une organisation ou un système, est soit de conforter (voire réconforter) le chef, soit de le dédouaner de sa rudesse et surtout de ses échecs. Il faut d’abord une tête de file bien visible, estimée (pour combien de temps) par l’opinion et surtout capable de faire porter haut et clair le « modèle présidentiel » par l’ensemble des ministres, un individu à la personnalité forte, ambitieux jusqu’à accepter une dévotion totale (apparente) au chef, mais –revers de la médaille– ce sont ces traits de caractère qui lui permettront de conquérir le pouvoir (c’est une autre histoire : celle de Valls). Autant de choses que Jean-Marc Ayrault, honnête homme mais si peu politicien, n’a pas su faire.

Voilà donc que, c’est le discours unanimes des ministres derrière le premier d’entre eux, que le gouvernement rejetant tout dogme –­européen va s’en dire– s’engage fermement (enfin) dans la réduction du déficit budgétaire (ou financier ou encore de trésorerie) de la France. Donnons acte à Hollande et à Valls, il ne s’agit pas de satisfaire « l’Europe » mais bien de redresser les finances de la France. Au passage relevons qu’il ne s’agit pas d’un dogme européen mais d’un principe adopté démocratiquement par les instances de gestion de la communauté européenne et qui a donné lieu à un accord dont la France est signataire sans que Hollande ait dit qu’il renierait la parole française. S’il y a dogme, c’est chez Hollande et Valls qu’il faut le chercher.

Faute d’être capable de faire rentrer de l’argent dans la caisse pour faire fonctionner l’organisation la mesure à prendre est de deux ordres : rétablir la trésorerie et mettre en œuvre des réformes sur les structures. Il paraît que ces dernières vont venir, pour l’instant on ne nous en n’a pas annoncées ; à moins qu’il ne s’agisse de la réforme territoriale auquel cas la France a le temps d’une longue agonie devant elle. Quant à rétablir la trésorerie il y a deux façons de faire : vider les réserves (épargne) si on en a et se séparer d’une partie du patrimoine, et réduire la dépense. On voit bien que Hollande n’applique que la deuxième façon de faire mais pas (ou si peu) en s’attaquant aux dépenses structurelles et de fonctionnement, il va chercher l’argent quasi exclusivement dans la poche des citoyens tout en ménageant une partie d’entre eux dont il espère acquérir les voix : c’est la défiscalisation du SMIC, c’est la réduction des impôts sur le revenu exclusivement réservé aux plus bas revenus (ceux qui avaient été taxés hier par Hollande)… En fait Hollande nous crée une France séparée par un immense fossé : d’un côté la France des bas salaires qui bénéficiera d’un état providence remis au goût du jour électoraliste et démagogique voire populiste (Valls est de gauche, nous sommes sommés de ne pas l’oublier), de l’autre ceux qui auront fait « de longues études », qui occupent des emplois où les 45 ou 50 heures de travail sont plus fréquentes que les 35 heures à qui Hollande demande de payer les frais engagés par l’état providence. Ceux de ce dernier côté devront payer cher une mutuelle santé, la garde de leurs enfants, de nombreux et lourds impôts, la cantine scolaire, les transports en commun… bientôt, peut-être, l’école pour leur enfant au titre d’une juste répartition des coûts ; c’est-à-dire qu’ils ne bénéficieront pas d’un retour sur investissement probant, ce qui pourrait entrainer certains à aller vendre leurs compétences dans des pays plus accueillants.

Soit, au nom de la justice sociale, dont Hollande ne nous a toujours pas dit ce qu’elle est, acceptons cette partition de la France. Mais, ce que les plus aisés donneront en impôts ils ne le verseront pas dans l’économie courante et par conséquent il n’y aura pas de relance. On voit, si on veut bien voir, des signes avant-coureurs quand, par exemple, 75% des français disent que le chocolat est devenu un produit de luxe, quand ont observe que la dépense moyenne pour les séjours de vacances a baissée… De surcroît quand les « riches » auront été appauvris et que les « pauvres » ne seront pas enrichis, la France reviendra à la case départ : emprunter pour faire face à des dépenses de fonctionnement qui n’auront pas été réduites. Réduire les dépenses de fonctionnement ce n’est pas réduire les remboursements assurés par l’assurance maladie, c’est faire en sorte que le fonctionnement de l’organisation coûte moins cher : réorganiser les services, supprimer les doublons, les redondances et les services en cascade, remplacer les voitures de service par des abonnements aux transports en commun ou des contrats avec des prestataires de service, c’est aussi rationnaliser l’immobilier de l’Etat et des collectivités territoriales… et supprimer les fonctions et les services à faible productivité ou à faible intérêt.

Cette politique qui ne consiste qu’à ponctionner régulièrement dans la poche des citoyens dans le seul objectif d’améliorer la trésorerie, ressemble fort à ce que feraient des parents surendettés qui pour avoir un peu de trésorerie videraient la tirelire de leurs enfants. Nos gouvernants en parfaits énarques ont lu la Princesse de Clèves mais pas la fable « la poule aux œufs d’or ». Le plan Hollande-Valls n’est qu’une politique de gribouille, un enfumage qui forcément recueille l’assentiment d’une majorité de citoyens : qui serait contre la réduction des déficits ? Mais, comme le soulignait déjà Platon, la volonté du nombre n’est pas forcément une preuve du bon sens.

Hollande et Valls sont en train de créer les conditions d’un vaste et profond désenchantement dans lequel les gens ne croient plus à rien, n’espèrent plus rien, ne voient pas de futur. Ce désenchantement se meut petit à petit en morosité qui entraine à ne plus croire en la classe politique ; les gens alors vivent la société comme une impasse où « l’angoisse et la peur fond leur nid dans le doute et l’attente. La morosité ambiante rend les bases fondatrices du régime [démocratie et république] et les valeurs vulnérables » (A. Dorna). La société se dirige alors vers les extrêmes soit par désespoir soit pour tenter quelque chose de nouveau, sans doute les deux à la fois, ou, pire, abandonne les « urnes ». Dans un tel contexte social les individus mais aussi les partis qui sont au pouvoir ont tendance à s’isoler (psychologiquement parlant) de la réalité collective tout en ayant des discours qui se réfèrent à la souffrance des gens. C’est ce qu’a fait Valls dans son discours de politique générale, mais en même temps il méconnaît la réalité d’une très grande partie de la société, d’ailleurs il ne connait pas non plus celle de ceux qu’il dit vouloir défendre ; il ne le fait que sur la base de l’idéologie à laquelle il adhère : la justice sociale. C’est aussi, par exemple, Montebourg qui demande à des ouvriers en grève d’accepter l’inacceptable pour en sauver certains ; est-il dans la réalité sociale ou dans une île vertueuse de la gestion et de l’idéologie de la justice sociale ?  Dès lors, comme l’écrit A. Dorna, « Ils [les gouvernants] restent dans le cercle vicieux de l’erreur, convaincus d’avoir établi le bon diagnostic et d’avoir pris les bonnes décisions. » Jusqu’au moment où arrive l’homme providentiel, celui qui fait parler de lui, en réponse à une réaction des « masses silencieuses » qui est de l’ordre de l’émotionnel mais pas du rationnel.

Cette réaction, provoquée par un tiraillement entre l’ordre individuel et celui collectif, qui peut conduire à la violence, crée les conditions sociales d’émergence de la « tyrannie » qui peut être, dans ce qu’elle exprime de volonté de puissance, la forme de compensation de l’angoisse agressive qui est en chacun. Cette mise en tension qui s’élabore chez chaque individu entre l’émotionnel et le rationnel, entre l’individuel et le collectif, fait que chacun devient en puissance un « tyran » créant ainsi les conditions sociologiques où chacun est prêt à entendre qu’un « grand homme » sauvera la société quel qu’en soit le prix à payer. C’est l’émergence d’une possible tyrannie en réponse aux angoisses des masses et des individus. L’Histoire est pleine de ces destinées individuelles venues sauver leur peuple.

Ce « grand homme », à la personnalité autoritaire qui devient le plus souvent un tyran, est un individu qui a une soif immense de dépassement de lui, qui refuse toute critique et dont A. Dorna décrit deux traits importants : « le tyran a une vision de sa vie proportionnelle au mépris de la vie des autres », « toutes amitiés antérieures [à son arrivée au pouvoir] est remise en cause, aucune relation humaine ne doit plus ternir la demande insatiable de dévotion exigée par le tyran ». Le tyran confond sa vertu personnelle avec la vertu publique et la vertu de la terreur avec la terreur de la vertu. Ainsi a fait Robespierre à propos duquel Sperber fait dire par Danton : « le véritable chef n’est certainement pas l’homme amoureux et jaloux d’une idée, mais celui qui joint à l’amour de son idée la faculté de pouvoir déterminer à tout instant quelle part de cette idée peut devenir réalité à chaque nouvelle étape. Robespierre ne l’a pas compris. C’était un mauvais chef. Parce qu’il était, et ne voulait pas le reconnaître, devenu un tyran, l’assassin de la Révolution. »

Vers quoi nous conduisent-ils ? Vers leur destins singuliers, mais y a-t-il de la place pour deux à l’Elysée ?