Les Frondeurs du PS ont trahi le peuple !

Les Frondeurs du Pd nous laissent orphelins. Moi moins que d’autres car il y a longtemps que j’ai compris que François Hollande s’est fait élire sur un monumental mensonge ; pour plus de détails je renverrai le lecteur à mon livre « François Hollande : le rêve n’a pas été au rendez-vous » (ed Dictus Publishing, distribué sur Amazon). Alors peu m’importait et peu m’importe que certains comme Nicolas Sarkosy dénoncent aujourd’hui ce mensonge, même si, bien que contestant sa façon de faire, je dois reconnaître que Nicolas Sarkosy fut cohérent entre ce qu’il annonçait et ce qu’il mettait en œuvre, avec lui pas de surprise. Mais, l’avènement du discours des Frondeurs, ces députés PS lucides à propos de la politique gouvernementale tellement déviante du discours de 2012, n’a rien d’un parti pris d’opposition comme chez Nicolas Sarkosy ; il s’agit de l’énoncé d’une prise de conscience et d’une volonté de dénoncer un écart sur le chemin de la mise en œuvre des promesses de François Hollande candidat du Parti Socialiste. L’attitude des Frondeurs a de quoi réconcilier avec la politique et surtout avec le politique. Enfin, se dire de gauche reprend du sens, presque de la valeur voire de la fierté.

Nous étions nombreux dans cet espoir, dans cette embellie. Le rêve semblait à nouveau être possible jusqu’au jour (12 mai 2016) où ils se cachaient à nouveau derrière ce qu’ils désignent comme l’impossible censure du gouvernement.

Voilà que ce 12  mai 2016, tout s’effondra. Nous nous réveillons avec la gueule de bois. Les Frondeurs qui ne voient de gauche que le PS, bien que reprochant à François Hollande d’avoir menti et trahi son programme électoral, ces Frondeurs qui, crescendo au fils des mois, critiquent et attaquent les propositions de lois du gouvernement, ces Frondeurs, une fois encore, donnent un remarquable quitus au gouvernement en refusant pour la deuxième fois de voter la censure. Mais, cette fois ils masquèrent leur veulerie derrière une manœuvre d’une rare duplicité.

Ces Frondeurs qui soutenaient les opposants à la loi El Khomri, ont mis leur poltronnerie derrière un cache-sexe en dentelle en tentant de persuader le peuple qu’ils pourraient présenter une motion de censure alors qu’ils savaient qu’elle ne recueillerait pas suffisamment de suffrages sauf si la droite la votait ; mais, ils avaient bien trop peur de cela. C’était donc une proposition pour rien, pour donner à penser qu’ils donnaient corps à leurs protestations jamais suivies d’action ni d’effet jusque-là. C’était donc une duperie !

Autre casse sexe de l’épaisseur de la partie arrière d’un string, le refus de voter la motion de censure proposée par la droite au prétexte que les critiques de la droite sur cette loi n’étaient pas les leurs ; la droite trouvant la loi insuffisamment « ambitieuse », les Frondeurs la trouvant trop néfaste aux travailleurs.

Pourtant personne dans le peuple n’aurait fait de confusion, le peuple n’est ni bête ni inintelligent. Il y aurait eu d’autant moins de confusion que le problème n’est pas là ; il ne s’agit pas de savoir quelle pourrait être la proximité des idées de la droite avec celles des Frondeurs. Le problème politique de l’heure, au sens du politique c’est-à-dire de la façon, tant en projets qu’en actions, de gouverner qui je distingue de la politique comme art de conquérir, exercer et conserver le pouvoir dans les institutions gouvernant la société, le problème politique est de savoir si la société que nous formons veut accepter le projet politique (projet d’organisation sociale et actions pour la mise en œuvre de ce projet) que François Hollande et Manuel Valls proposent à travers la loi El Khomri.

Indépendamment de la droite, le peuple et, semble-t-il, les Frondeurs refusent ce projet. Donc s’il n’y a pas convergence de motifs il y a convergence de but : le refus de la loi. Face à l’imposition que le gouvernement fait au peuple d’accepter par la force cette loi il n’y a qu’une solution pour faire entendre son refus : renverser le gouvernement. En ne votant pas la censure les Frondeurs tournent le dos au refus et de facto acceptent la loi.

Les cache-sexes sont tombés, les Frondeurs n’étaient là que pour faire diversion ou pour tenter de se maintenir en place en 2017. Les Frondeurs tentent d’amoindrir le pouvoir de manuel Valls pour conforter celui de François Hollande en lui permettant de venir rejouer l’air de la synthèse au PS et de réconcilier l’irréconciliable ; François Hollande sait bien jouer ce jeu à condition que les dés soient pipés et le match arrangé. Il y a des gens comme ça qui essaient de se tenir près du chef tout en étant proches de la sortie si l’incendie se déclare. Les Frondeurs eurent un illustre prédécesseur dans ce domaine : François Mitterrand qui rejoignit l’administration pétainiste jusqu’au jour où il sentit que le vent risquait de tourner en défaveur du maréchal. On trouve toujours de bons prétextes à cette stratégie, c’est du style qu’il vaut mieux être à l’intérieur pour tenter d’infléchir le cours des choses… Ainsi, les Frondeurs n’ont pas le courage de voter la censure qui les mettrait hors du PS. Où sont les Chevènement et les Mélenchon qui eurent le courage de partir, eux montrèrent de la cohérence politique plus que celle que revendiquait Laurent Baumel sur France Inter le 11 mai.

Il y a encore des manifestations, d’autres viendront que Manuels Valls fera interdire par les préfets, des gens passeront autre ces interdictions ce qui permettra à Manuel Valls d’affirmer un peu plus son autoritarisme et à la droite de maugréer contre les voyous qui cassent et ne respectent pas la République. Et puis les choses passeront parce que nous n’avons pas assez faim pour soutenir nos idées et nos idéaux contre le pouvoir des privilégiés qu’ils soient hommes politiques, financiers ou « patrons » ; d’ailleurs nous sommes prêts à accepter et à rémunérer généreusement un « footeux » qui insulte notre pays.

Dans « Discours de la servitude volontaire » Étienne de la Boétie écrivait : « C’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d’être soumis ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche… S’il lui coûtait quelque chose pour recouvrer sa liberté, je ne l’en presserais pas ; même si ce qu’il doit avoir le plus à cœur est de rentrer dans ses droits naturels et, pour ainsi dire, de bête redevenir homme. Mais je n’attends même pas de lui une si grande hardiesse ; j’admets qu’il aime mieux je ne sais quelle assurance de vivre misérablement qu’un espoir douteux de vivre comme il l’entend. Mais quoi ! Si pour avoir la liberté il suffit de la désirer, s’il n’est besoin que d’un simple vouloir, se trouvera-t-il une nation au monde qui croie la payer trop cher en l’acquérant par un simple souhait ? »

Les Frondeurs savent bien cela et ils en ont joué en mettant comme projet politique l’espoir comme seule action, c’est là le fondement de la philosophie du parti socialiste le plus fondamental.

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